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Villa Masséna à Nice : l’histoire d’une famille et d’un palais

Posted by Jean on September 1, 2026
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Villa Masséna Nice, escalier d’apparat et évocation de la famille Masséna

Villa Masséna Nice : au 65 rue de France et 35 promenade des Anglais, ce palais est bien davantage qu’un élégant décor de la Belle Époque. Dernière grande villa d’apparat construite sur la Promenade, il relie une dynastie issue du maréchal André Masséna à l’invention de la villégiature hivernale niçoise. Ses façades italianisantes, ses salons en enfilade, son escalier monumental et son jardin ouvert vers la Méditerranée racontent une maison conçue pour recevoir — puis volontairement transmise à la ville afin de devenir un musée.

Villa Masséna Nice : de la famille Masséna au prince Victor d’Essling

Né à Nice en 1758, André Masséna gravit les rangs des armées révolutionnaires avant de devenir maréchal d’Empire, duc de Rivoli et prince d’Essling. Son destin donna à son nom une place durable dans la ville : une place, un lycée, puis un musée. Pourtant, la villa n’est pas sa demeure. Son commanditaire est son petit-fils Victor Masséna (1836–1910), duc de Rivoli et, à partir de 1898, prince d’Essling après la mort de son frère aîné.

Victor Masséna avait représenté les Alpes-Maritimes comme député sous le Second Empire. Avec son épouse Paule Furtado-Heine, il partage son temps entre Paris et la Riviera. À Nice, la famille avait séjourné dans la villa Randon et possédait La Victorine, à Saint-Augustin, future cité du cinéma. La résidence du bord de mer devait afficher le rang des Masséna tout en célébrant leur mémoire impériale.

Villa Masséna Nice : 1898–1901, une maison de plaisance

En 1898, Victor Masséna réunit deux propriétés contiguës : la Villa Diesbach, élevée en 1861, et la Villa Gauthier. Les bâtiments précédents sont démolis pour libérer une parcelle de plus de 8 000 m² entre la rue de France et la Promenade des Anglais. Le chantier proprement dit dure un an et sept mois ; l’Inventaire général du patrimoine culturel fixe l’achèvement à avril 1901. La formule « construite entre 1898 et 1901 » reste donc juste, à condition de comprendre que 1898 inclut l’acquisition et la préparation du domaine.

La demeure adopte un plan compact et une écriture néoclassique italianisante. Au sud, une rotonde marque l’axe du grand salon et les terrasses prolongent les réceptions. Au nord, cour d’honneur et conciergerie organisent l’arrivée depuis la rue de France : protocole côté ville, climat et paysage côté mer.

Hans-Georg Tersling et Aaron Messiah : des rôles complémentaires, une attribution prudente

Les présentations simplifiées attribuent parfois la villa au seul Hans-Georg Tersling. Les sources patrimoniales donnent une image plus nuancée. Victor Masséna confie à Aaron Messiah l’édification d’une demeure sur les plans de l’architecte danois Hans-Georg Tersling. Autrement dit, Tersling est associé à la conception générale, tandis que Messiah, architecte niçois solidement implanté auprès de la clientèle aristocratique, assure la réalisation et la conduite locale. L’entrepreneur est Pierre Blancon.

Les décors mobilisent d’autres créateurs. Cruchet réalise les staffs, bas-reliefs et sculptures des plafonds. François Flameng signe les portraits de Victor et Paule Masséna ainsi que les deux vastes toiles marouflées de l’escalier d’honneur. Bâtiment, décor et mise en scène familiale forment ainsi une œuvre collective.

Des salons historiques à l’escalier d’apparat

Au rez-de-chaussée, une grande galerie aveugle distribue les salons de réception. Au midi se succèdent le salon des portraits, le grand salon et le fumoir ; à l’est, la salle à manger s’achève par une véranda en hémicycle, face au bureau du prince placé à l’ouest. Le grand salon occupe l’axe de l’entrée et de la perspective du jardin. Cette composition permettait de recevoir avec éclat tout en ménageant des vues et des passages directs vers les terrasses.

En 1898, Victor Masséna acquit auprès d’un antiquaire des décors dispersés du château royal de Govone, en Piémont. Les portes de Francesco Tanadei et les dessus-de-porte de Carlo Pagani relient ainsi la maison moderne à la cour de Savoie. La frise de la galerie, venue d’une demeure française, est attribuée à Alexandre-Évariste Fragonard.

Dans l’escalier d’honneur, les deux peintures de Flameng déploient une véritable généalogie en images. Le maréchal y apparaît comme une figure statufiée, entouré de descendants et d’alliés issus notamment des familles Ney, Murat, Reille et Suchet. Fait révélateur, le jeune André Masséna, futur donateur, figure déjà dans cette assemblée familiale. L’escalier n’est donc pas seulement un passage monumental : il affirme la continuité du nom et des titres.

Villa Masséna Nice : les jardins et l’ancien rapport direct à la mer

Victor Masséna fait appel en 1899 au paysagiste et botaniste Édouard André. Son projet articule parterres réguliers, végétation d’acclimatation, cheminements, terrasses et vues. Au sud, une terrasse-promenade continue formait un belvédère au-dessus de la Promenade des Anglais. Elle permettait à la fois d’admirer la mer, de regarder la villa dans son écrin végétal et de protéger les essences fragiles des embruns. Deux escaliers latéraux la reliaient au jardin.

Ce dispositif explique l’ancien rapport direct de la propriété au rivage : non pas une plage privée, mais une composition visuelle et climatique sans front bâti intermédiaire. Lors de l’ouverture publique du domaine autour de 1920, la partie centrale du belvédère fut percée pour créer un portail sur la Promenade. Le jardin de la Villa Masséna demeure aujourd’hui, avec celui de la Villa Furtado-Heine, l’une des rares respirations paysagères du front urbain.

Villa Masséna Nice : donation en 1917, transfert en 1919, musée en 1921

Après la mort de Victor Masséna en 1910, son fils André hérite de la villa. Officier au front et sans descendance à cette date, il décide le 31 octobre 1917 de confier la demeure familiale à Nice plutôt que de lui laisser un avenir incertain. Le conseil municipal accepte le don le 13 décembre 1917. La remise officielle à la Ville par le maire, le général André Goiran, intervient le 23 septembre 1919 : c’est cette dernière date que retiennent beaucoup de notices sous la formule abrégée « donation de 1919 ».

Les sources divergent sur la forme juridique exacte : les textes municipaux parlent de don, tandis que l’Inventaire décrit une vente à prix modique. Elles concordent sur les conditions : créer un musée d’art et d’histoire de Nice portant le nom Masséna, conserver les décors du rez-de-chaussée et ouvrir le parc au public. L’architecte communal Nicolas Anselmi adapte les niveaux de service et les anciens appartements ; le maire Honoré Sauvan inaugure le musée le 28 janvier 1921. Depuis le 24 mars 2025, la villa, la cour, le jardin, ses clôtures, le belvédère et la conciergerie sont classés en totalité au titre des monuments historiques.

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Questions fréquentes sur la Villa Masséna Nice

Quand la Villa Masséna a-t-elle été construite ?

Victor Masséna acquiert les propriétés en 1898. Après un chantier d’un an et sept mois, la nouvelle demeure est achevée en avril 1901. La chronologie de référence est donc 1898–1901.

Quel fut le rôle de Tersling et celui de Messiah ?

Les sources attribuent les plans à Hans-Georg Tersling et l’édification ou la supervision locale à Aaron Messiah. L’Inventaire avertit toutefois que le partage précis de la conception esthétique entre les deux architectes reste incertain.

Qui a donné la Villa Masséna à la Ville de Nice ?

André Masséna, fils et héritier de Victor, décide la donation en 1917. La Ville la reçoit officiellement en 1919, sous conditions de préserver les salons, d’ouvrir le jardin et d’y créer un musée portant le nom Masséna.

Quand le Musée Masséna a-t-il ouvert ?

Le Musée Masséna est inauguré le 28 janvier 1921 par le maire de Nice Honoré Sauvan, après les adaptations dirigées par l’architecte communal Nicolas Anselmi.

La Villa Masséna donnait-elle directement sur la mer ?

Son jardin aboutissait à une terrasse-belvédère continue dominant la Promenade des Anglais et tournée vers la mer. Ce dispositif ménageait la vue et protégeait les plantations des embruns ; un portail central fut ouvert lors du passage au domaine public.

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